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Peut-on fonder le droit de punir ? – Sujet corrigé de philosophie – Niveau Terminale A,C,D,E

Peut-on fonder le droit de punir ? – Sujet corrigé de philosophie – Niveau Terminale A,C,D,E

Plan

Introduction

I- L’idée de juste punition : le châtiment comme remède

A-Platon, Gorgias, 475e – 481 a

B – Le droit de punir ne peut reposer sur ce fondement

II- Le caractère social de la peine : l’utilité sociale comme fondement du droit de punir

A – Caractère utilitaire et social de la peine

B – Critique de ce caractère utilitariste : Beccaria réussit bien à fonder en raison, ie, à légitimer, le droit de punir, même à partir d’un tel fondement

III- La punition et la vengeance (ou loi du talion) ; l’idée de justice commutative, sur laquelle repose le droit de punir, est-elle rationnelle et elle même fondée?

A- les limites de cette analyse

B- Nous sommes donc de nouveau acculés à chercher un autre fondement au droit de punir. On ne peut fonder le droit de punir, ni sur l’idée de châtiment comme remède de l’âme, ni sur l’idée de châtiment comme compensation sociale

CONCLUSION


CONCLUSION

Le droit de punir semble donc bien pouvoir être fondé, et cela, en un double sens : ie, à la fois en tant qu’il repose sur un fondement objectif, et non subjectif, ou arbitraire, et aussi, en tant qu’il est tout à fait légitime de punir un criminel. Cela, c’est la raison seule qui nous permet de le découvrir. Ce qui nous assure de toute intrusion de notions qui pourraient nous empêcher de fonder ce droit de punir (comme l’intérêt, la vengeance, etc.).

Si le caractère légitime du droit de punir peut apparaître, comme on l’a vu, erroné, en ce que l’Etat ne ferait alors rien d’autre que de s’accorder à lui seul le droit de se venger ou de passer sa colère sur un autre, il apparaît en fait que ce droit de punir peut être fondé, en ce que nous lui avons reconnu des limites (comme par exemple, le caractère de violence, qui doit avoir des limites ) qui sont celles des prérogatives de l’humanité. Par là, il nous apparaît que l’idée de fonder le droit de punir, nous a permis de voir quelles étaient les seules conditions qui pouvaient permettre de répondre par l’affirmative ; il nous a semblé nécessaire de répondre que si l’Etat a le droit de punir, il faut pourtant que cette punition ne soit pas accompagnée de violence corporelle, ie, gratuite. Et cela, contrairement à Hegel et à Kant qui, assez paradoxalement, ont fondé le droit de vie ou de mort sur la raison…(le concept de violence légitime, ou de droit reposant sur la force, est, depuis Rousseau, un non-sens -cf. Contrat social, I, 3 – : comment se fait-il que lui-même, ou Kant et Hegel, estiment pourtant que la peine de mort est quelque chose de rationnel, de juste, et qui appartient au concept même de droit?).

Peut-être ainsi le recours à cette solution extrême nous indique-t-il que nous sommes ici en présence d’un problème insoluble : nous aimerions pouvoir, au nom de la raison, ne pas recourir à la violence ou au mal en réponse à la violence ou au mal commis par la société ; mais nous ne pouvons sans doute faire autrement, et peut-être par conséquent le droit de punir ne peut-il être fondé que sur des considérations de nécessité…

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